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Le mot du coordonnateur - Une première en Europe
Une première en Europe
Interview du Dr Maurice Folcher, coordonnateur

        L’olivier a beaucoup à nous apprendre. Il suffit de lui en donner l’occasion. Cette Université qui lui est consacrée est une première, en France comme en Europe. Le Dr Maurice Folcher, à l’initiative de ce projet [cf. encadré] dont il est aussi le coordonnateur le souligne : Il existe de nombreuses manifestations liées à l’olivier et à l’huile dans toute la zone oléicole française et à l’étranger. Toujours très intéressantes. Mais on n’a jamais réussi à grouper lors d’un même événement, conférences scientifiques, conférences plus généralistes, ateliers pratiques et démonstrations de cuisine”. Trois jours au cours desquels l’olivier immuable, emblème végétal de l’Ardèche méditerranéenne, sera mis en lumière dans son enracinement traditionnel et son essor au XXIe siècle. 

Une manifestation pour tous les goûts
       
Le programme très complet devrait rallier tous les publics, les simples curieux, aussi bien que les amateurs ou les professionnels désireux d’approfondir leurs connaissances. Du terroir à l’assiette, il y en aura pour tous les goûts avec des spécialistes à chaque étape du savoir-faire et du savoir. “Des scientifiques réputés ont répondu à notre invitation” explique Maurice Folcher. Des chercheurs tels le Pr Artaud, spécialisé dans la chimie de l’olive, peuvent par exemple expliquer pourquoi il arrive que l’on trouve à certaines huiles un goût… vineux : le sucre contenu dans l’olive passe par un processus de fermentation, comme pour le raisin !
        Oléolologie et œnologie se retrouvent aussi dans les techniques de dégustation, que détaillera Christian Pinatel, “une pointure internationale”, précise le docteur Folcher. “C’est une chance d’avoir réuni autant de spécialistes de renom. Ils nous feront part des dernières découvertes”. Et des perspectives à moyen terme. Daniel Sauvant, scientifique à AgroParisTech, présentera le travail qu’il mène, à échéance 2013, sur la revalorisation des déchets provenant de la fabrication de l’huile d’olive. Avec des débouchés aussi prometteurs qu’innovants.
momo_ok.jpg         L’atelier de xylologie avec une approche microscopique du bois d’olivier propose aussi un nouveau regard sur cet arbre vénérable. Mais, efficacité oblige, la tradition perdure en Ardèche. “Comme nos ancêtres, nos pratiques agricoles restent traditionnelles et nous essayons de les transmettre”. A découvrir notamment dans les ateliers de construction et de rénovation de murets en pierres sèches typiques des oliveraies ardéchoises. Depuis quelques années, on assiste à la remise en valeur des terrasses façonnées par les Anciens pour casser la pente des coteaux, et qui, faute d’entretien, commençaient à disparaître du paysage. Sauvegarde du patrimoine et préservation de l’environnement. “Les conférences bio sur la culture de l’olivier permettront de faire connaître la biodiversité avec l’utilisation de céréales et autres herbacées dans les oliveraies. Elles favorisent la faune auxiliaire précieuse et destructrice des prédateurs de l’olivier telles la mouche, la teigne, ou la cochenille.”

Un grand nombre de variétés
        “La partie technique et scientifique de cette Université devrait donner un nouvel essor à nos huiles. Améliorer leur qualité et, pourquoi pas, servir d’exemple. Nous n’avons pas la prétention de rivaliser avec les “grands crus” des huiles d’olive françaises (type AOC de Nyons, de Nice ou des Baux-de-Provence). Mais notre situation géographique et nos variétés nous permettent de proposer un produit différent et, peut-être, de qualité supérieure. La diversité des variétés – 34 recensées en Ardèche – est en effet exceptionnelle pour un département aussi petit. Une richesse qui s’explique probablement par notre situation géographique très septentrionale. Nos oliviers doivent pouvoir résister au froid comme à la chaleur, à la sècheresse comme aux violents orages cévenols. Une conférence est d’ailleurs prévue sur ce sujet qui permettra de reconnaître ces anciennes variétés, l’objectif étant de redonner vie à certaines d’entre elles, délaissées depuis des décennies”. En Ardèche où l’olivier se cultive le plus souvent en terrasses, sur des terrains improbables et magnifiques, la production est quasiment symbolique : 1% de la récolte française. Mais les arbres ont su développer sur ces terres sauvages des vertus de résistance. “Les sols les moins riches conviennent très bien à l’olivier, au puissant système racinaire. Il puise lui-même en profondeur les éléments nutritifs qui profitent au fruit et donnent une huile aux saveurs incomparables, au caractère plus typé que celle des oliviers produits intensivement par notre agriculture moderne. Si ces trois jours permettent à notre huile d’Ardèche d’exister à un plan national, ce sera déjà beaucoup”.
        Ces trois jours ont demandé un an de travail au docteur Folcher, aux Amis de l’olivier du Pays des Vans, au Syndicat des oléiculteurs d’Ardèche méridionale et à l’ensemble de l’équipe. Mais la motivation était là et le projet a suscité un intérêt immédiat des élus. “Tous bords confondus ! Que ce soit au niveau communal, départemental et régional. Même accueil favorable auprès de notre député Jean-Claude Flory, du Parc national des Cévennes et du Parc naturel des Monts d’Ardèche. Cet événement est fédérateur”. La convivialité est d’ailleurs au menu de la manifestation avec notamment le concert de clôture et la présence d’un gourmet de choix, “Monsieur Pierre Perret qui connaît notre région puisqu’il est chevalier de la Confrérie des Amis de l’olivier du Pays des Vans depuis 1988”.

 
Témoignage : "L'olivier n'est pas un ingrat"
        “C’est pour rendre grâce à l’olivier que j’ai voulu cette Université”. Médecin de vocation mais paysan dans l’âme, le Dr Maurice Folcher, aujourd’hui à la retraite, n’imagine pas sa vie sans l’olivier. “J’ai toujours connu l’huile et l’olivier. Depuis mon enfance, sur cette terre de Chassagnes, proche des Vans, où je vis encore. Mes parents étaient paysans. C’était un bonheur mais aussi une nécessité vitale de récolter notre huile.”  Alors, depuis plus de soixante ans, un peu de lui appartient à cet arbre. “Ce que je préfère dans l’olivier, c’est sa façon de remercier celui qui s’en occupe. “Travaille mon pied et je mettrai de l’huile dans tes biens”, dit un proverbe du patois occitan. Et c’est vrai. Dès que vous vous occupez d’un olivier, il vous le rend. Ce n’est pas un ingrat. J’ai quelques oliviers – environ 800 répartis sur trois hectares – pas tous en production car beaucoup ont gelé en 56. Mais depuis vingt ans, je remets en état les olivettes de mes ancêtres, abandonnées après le gel”.
    Remettre en état, c’est d’abord reconstruire les murets effondrés, colmater les brèches, remonter la terre. Opérant le plus souvent à mains nues, le docteur remue des blocs rocheux lourds parfois de cent kilos… Puis, au gré des saisons, il taille (sans amputer) et greffe (sans rejet ou presque…). “J’aime beaucoup la taille de l’olivier. Je m’efforce “d’écouter” l’arbre pour le rendre harmonieux dans son milieu naturel. Ce ne sont pas des critères de production ou des impératifs de rendement, c’est lui seul qui décide des branches à émonder. La greffe aussi me plaît, car c’est un peu de la chirurgie... J’en profite pour remercier Henri Vendran [cf article ci-après] qui, depuis des années, me permet de greffer des variétés ardéchoises anciennes, des espèces menacées qui sinon disparaîtraient de notre patrimoine”. A eux deux, ils ont ainsi aménagé un petit conservatoire dans l’olivette qui domine la plaine de Chassagnes. Une olivette en pleine santé.

Maurice Folcher : folcher.maurice@wanadoo.fr



Date de création : 14/03/2011 @ 17:39
Dernière modification : 05/03/2012 @ 18:22
Catégorie : Le mot du coordonnateur
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